Nouvelle: « Stratégie »

Mai 10 • Nouvelles • 675 vues • Aucun commentaire sur Nouvelle: « Stratégie »

Chacun était en position, l’ennemi était face à nous, attendant le bon moment pour nous achever en trois pas. Une légère tache de sueur vint se poser sur mon uniforme nacré, trahissant mon angoisse. Je me sentais en sécurité à l’arrière, on m’avait dit de rester là, derrière les soldats, afin de me protéger au maximum, et de ne bouger qu’en cas de défense. Car oui, j’étais la cible, et ce depuis toujours. J’ai été demandé quelle en était la raison à un soldat, un jour. Mais je reçus pour seule réponse que c’en était ainsi, que ça ne changerait pas, que je devais seulement rester sur mes gardes et ne pas me préoccuper de ça. J’avoue que j’étais alors assez déçu, mais bon, venant d’une tête de mule comme lui, l’ordre qu’il m’avait ordonné semblait important. Je me contentai de me taire et d’obéir.

La bataille avait déjà commencé depuis un moment, cette tache de sueur s’étendait de plus en plus et plusieurs autres naissaient un peu partout, ce qui faisait ressortir d’affreuses teintes jaunes sur mon uniforme dont le blanc éclatant avait presque entièrement disparu.

J’avais peur, plusieurs de mes coéquipiers étaient déjà morts. Les autres soldats traînaient les corps , un à un, hors du champ de bataille. Notre armée diminuait à vue d’oeil. Nous étions en manque, en manque de soldats et d’armes. L’armée ennemie faisait pratiquement le double de la nôtre. Je ne pouvais rien faire… On me l’avait ordonné et répété une dizaine de millions de fois…

La peur avait disparu mais la colère avait pris sa place. Je ne pouvais plus… Je ne pouvais plus rester là, sans bouger, à regarder mes coéquipiers se faire tuer un par un… Soudain, je pris mon courage à deux mains et avançai, déterminé, vers l’ennemi. J’entendais crier dans tous les sens mais je refusai de revenir sur mes pas. Je pensais reprendre la situation en mains mais un soldat adverse me vit et s’approcha dangereusement de moi. Plusieurs ennemis le suivirent tout en me fixant avec un sourire narquois au coin du visage. J’étais piégé, littéralement piégé. Le stress monta, monta, monta jusqu’à ce que je m’aperçoive que la mort était proche. J’étais sur le point de me livrer à l’ennemi quand j’entendis crier une voix salvatrice: «ECHEC ET MAT !»

Ines Elbouzakhti, 3LGC.

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