« Souvenirs Diaboliques »- Partie 1

Juin 7 • Nouvelles • 657 vues • Aucun commentaire sur « Souvenirs Diaboliques »- Partie 1

Ce n’était pas l’obscurité qui m’effrayait; c’est ce qu’elle provoquait. En l’occurrence, la pensée. Ne vous est-il jamais arrivé d’être dans votre lit, allongé, prêt à dormir, sans que le sommeil ne vienne vous envahir ? Et bien, cela m’arrivait tous les soirs. C’était un véritable calvaire, car comme je l’ai dit plus haut, la pensée était mon pire cauchemar. Il m’arrivait même de rêver que je pensais. Penser à quoi ? Tout ce que j’avais fait. Car j’en avais fait des choses. Non, je n’étais pas parfait. Ne me jugez pas et réfléchissez. Tout ce que vous avez fait dans le passé ne vous revient-il donc pas ? Tout le malheur que vous avez provoqué, toutes les peines que l’on vous a infligées. Il y en a beaucoup. Je n’avais que dix-sept ans, et pourtant oui, j’en avais fait des choses.

La vie est un jeu que l’on aimerait gagner. Il est plein de défis plus compliqués pour les uns que pour les autres, des règles plus difficiles à suivre pour les honnêtes personnes que pour les malhonnêtes parce que dans ce jeu, les malhonnêtes gagnent. Quand on n’a pas d’éthique, on n’a rien à perdre.

Quelle personne saine d’esprit ne rêverait pas de sortir de ce monde obscur ? Je ne vous parle pas de mourir, seulement de ne pas exister. Et puis, qui peut certifier que l’on existe ? Qu’est ce que l’existence même ? Et l’enfer, le paradis ? Ce ne sont pas des sottises, ce sont les seuls mondes qui existeront toujours. Nous ne sommes rien et pour ma part, la vie est une épreuve. Une épreuve cruelle.

Revenons à l’obscurité. Nous étions en hiver. Durant le jour, je me sentais bien : tout me revenait seulement quand il commençait à faire sombre. Avant que la nuit ne tombe, je riais, je m’amusais, ma vie était presque parfaite. Il devait y avoir une sorte de signal dans mon cerveau qui faisait ressurgir toutes mes mauvaises idées à une certaine heure.

J’avais des idées noires, mauvaises pour la société actuelle (il ne s’est pas passé beaucoup de temps depuis cette époque, donc, je peux encore parler de cette société). Encore une chose que je ne supporte pas. Qui est-elle cette société pour vous dire ce que vous pouvez faire ou non ? Pourtant, c’est ce qu’elle fait; et sans aucun remord. Prenons un simple exemple : les mannequins. Je ne vais pas dire que ce sont des personnes horribles, que les voir me donne envie de vomir ou quoi que ce soit de similaire. Non. Ces personnes sont magnifiques. Parfaites. Trop parfaites. On vous vend du rêve. On rend malade toutes les personnes qui ne sont pas taillées comme ces personnes, toutes les personnes qui n’ont pas leur “beauté”. Mais la beauté… C’est tout à fait subjectif. Beaucoup de personnes ont des préjugés sur de nombreuses choses. Je n’en ai pas. Je tolère tout.

Les larmes coulaient sur mes joues. Au moins, je n’avais jamais déçu personne. J’avais, durant toute ma vie, été seul sur cette terre. Si je fixais un point devant moi, il ne bougerait pas. Une minute plus tard, dix minutes plus tard, deux jours plus tard, ce point serait toujours pareil. Ma vie se résumait à cela : la routine quotidienne. J’avais pensé à en changer; je pensais à trop de choses.

Alors que ma vie continuait son cours normal, je vis, un jour, quelque chose qui vint enfin la chambouler. C’était tout bonnement inimaginable. Je refusai d’abord d’y croire. Etais-je devenu fou ? Je commençais à le penser.

Chaïmae Mathieu, 4LG

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