Nouvelle: « Descente » #1

Jan 12 • Actualités, Nouvelles • 198 vues • Aucun commentaire sur Nouvelle: « Descente » #1

 

Cet été-là, mes parents prirent la décision de m’envoyer chez mon grand-père. S’il y avait une personne que je ne supportais pas dans ce monde, c’était bien lui. Je refusais catégoriquement ne serait-ce que de lui dire bonjour. Cet homme, à mon avis, n’aimait pas tellement les enfants et lorsque je parle d’enfants, je parle essentiellement de moi. Il ne m’avait jamais bien supporté, cela se lisait dans son comportement : il était d’une froideur… Seulement, je n’avais pas le choix. Je crois que c’est le plus dur quand on est “enfant”; ne pas pouvoir faire de choix, à part ceux que l’on nous impose.
Pendant seize longues années j’avais été absolument insupportable, au point que mes géniteurs voulurent passer deux mois seuls, sans cet élément perturbateur que j’étais. Lorsqu’ils m’annonçèrent l’endroit où j’allais passer mes vacances, ils essayèrent de se justifier de leur mieux. Ils disaient que cela me ferait du bien, que la campagne était magnifique ! Génial…
Puisque selon ceux qui m’avaient conçu, je n’étais qu’un gamin qui méritait de se faire punir, je leur donnai une vraie raison de me punir durant les semaines qui restaient avant les grandes vacances. Ces trois semaines furent véritablement un enfer. Pour eux, évidemment. Je leur en ai fait voir de toutes les couleurs : musique à fond très tard le soir, tags sur la façade de la maison, fugue de deux jours, vol dans un petit magasin et donc, passage au commissariat par la même occasion, crises à tout bout de champ,… Ce ne devait vraiment pas être facile d’avoir un gosse comme moi.
Au bout de ces trois semaines, ils ne prirent même pas la peine de m’accompagner jusqu’à la gare. Ils en avaient assez de me voir. De mon côté, je culpabilisais un peu. Juste assez pour ne pas partir vers une autre destination. J’arrivai dans ce lieu au nom imprononçable et que je ne m’essayerai pas à écrire, après une trentaine de minutes. Mon grand-père n’était, bien sûr, pas venu me chercher. De chez moi jusqu’à la gare, ce n’était pas très compliqué. Par contre, de la gare jusqu’à la vieille maison, c’était une autre affaire. Il m’a fallu une heure de marche. Ensuite, pour que la journée continue aussi bien qu’elle avait commencé, l’accueil de ce vieillard était très chaleureux.
La pièce dont j’héritais dans cette vieille maison était évidemment le grenier. Malgré toutes les chambres dont il disposait, -cet endroit avait beau être une ruine, il n’était pas petit pour autant,- il m’affecta à l’endroit le plus poussiéreux et miteux qu’il trouva. J’avais cependant décidé de jeter un rapide coup d’oeil dans cette magnifique chambre qui me revenait, quand je vis une énorme porte brune sur mon chemin. Je n’aurais pas su dire pourquoi, mais elle me rappelait une de ces scènes de films d’horreur où le personnage tombait sur une porte à laquelle était accroché un panneau « attention, danger » ou encore « interdiction d’entrer ». Elle avait quelque chose d’étrange, d’envoûtant et en l’occurrence, j’avais bien envie de m’y aventurer. Il me sembla alors étrange que je ne l’avais pas vue auparavant, sachant que ce n’était pas la première fois que je venais et que donc, j’aurais dû la reconnaître; d’autant plus qu’on ne pouvait pas la rater.

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